Nishimaki Toru est un des artistes du livre L'Imaginaire Erotique au Japon.
Il est né le 11 octobre 1964.
Quand il était petit, Nishimaki est tombé à ce point sous le charme des livres pour petites filles (notamment "Caroline" dessinée par le Français Pierre Probst) qu'il a fini par en devenir une… Dans ses tableaux, jonchés de sucreries et de jouets, l'univers de l'enfance se déploie comme un espace de liberté jubilatoire. Des gamines potelées sautent à pieds joints dans leur assiette de babas au rhum ou rebondissent joyeusement sur un matelas recouvert de choux à la crème qu'elles réduisent en bouillie, au milieu d'un gachis sans nom. Tracées au crayon très fin puis frottées et retravaillées jusqu'à la maniaquerie, les oeuvres de Nishimaki tournent obsessionnellement autour du désordre et du gaspillage.
La première fois que je le rencontre, dans le café Silk d'Ikebukuro, Nishimaki a mis sa tenue préférée : un pantalon en cuir gainé dans des cuissardes très moulantes qui lui donnent la silhouette androgyne. Il adore les cuissardes et presque tous ses personnages en portent, comme pour mieux piétiner ces gâteaux ou ces jouets qui symbolisent l'orgie… "Il n'y a jamais assez de jouets dans mes tableaux, je voudrais toujours en mettre plus, bien plus. C'est indispensable pour moi. Je représente l'univers où je voudrais être : Fukuga, un monde fait de plaisir (fuku : le bonheur. Enga : sensuel)… C'est un monde rempli à profusion de jouets, pervers et polymorphe comme ce petit personnage de pieuvre que je mets dans tous mes tableaux. Il s'appelle Zeruske et vient d'une autre planète. Tout ce qui est droit, il le coupe. Son histoire serait très longue à raconter. Je l'ai inventé quand j'étais adolescent. Il y a d'autres personnages importants dans mon univers : un ours nommé Kiemq, un tanuki, un lièvre et un robot-bébé en forme de kaki… Leur conception du monde est très particulière car ils viennent de civilisations extra-terrestres. Il faudra un jour que je raconte leur histoire. Chacun d'entre eux reflète une partie de ma personnalité. Moi, je suis un homme, mais je suis aussi une fille dans ma tête et ma petite copine, c'est une poupée articulée en silicone, grandeur nature."
Nishimaki est aussi expansif que son oeuvre, prodigal, débordant. "Je peins l'Utopie du plaisir", dit-il, résumant en une phrase fulgurante ce plaisir de saccager, dilapider, dépenser sans compter, à profusion, dans une débauche d'énergie vitale qui nous fait presque toucher du doigt nos souvenirs d'enfants, quand nous ne savions pas que la mort existait.
Toru a publié un livre en français « Décomposition splendide » (éd. Magnus) et un autre en Japonais : Kurogiga-ka ("Caricature Noire").
Plus d'images et d'infos sur Nishimaki Toru : ici
Il est né le 11 octobre 1964.Quand il était petit, Nishimaki est tombé à ce point sous le charme des livres pour petites filles (notamment "Caroline" dessinée par le Français Pierre Probst) qu'il a fini par en devenir une… Dans ses tableaux, jonchés de sucreries et de jouets, l'univers de l'enfance se déploie comme un espace de liberté jubilatoire. Des gamines potelées sautent à pieds joints dans leur assiette de babas au rhum ou rebondissent joyeusement sur un matelas recouvert de choux à la crème qu'elles réduisent en bouillie, au milieu d'un gachis sans nom. Tracées au crayon très fin puis frottées et retravaillées jusqu'à la maniaquerie, les oeuvres de Nishimaki tournent obsessionnellement autour du désordre et du gaspillage.
La première fois que je le rencontre, dans le café Silk d'Ikebukuro, Nishimaki a mis sa tenue préférée : un pantalon en cuir gainé dans des cuissardes très moulantes qui lui donnent la silhouette androgyne. Il adore les cuissardes et presque tous ses personnages en portent, comme pour mieux piétiner ces gâteaux ou ces jouets qui symbolisent l'orgie… "Il n'y a jamais assez de jouets dans mes tableaux, je voudrais toujours en mettre plus, bien plus. C'est indispensable pour moi. Je représente l'univers où je voudrais être : Fukuga, un monde fait de plaisir (fuku : le bonheur. Enga : sensuel)… C'est un monde rempli à profusion de jouets, pervers et polymorphe comme ce petit personnage de pieuvre que je mets dans tous mes tableaux. Il s'appelle Zeruske et vient d'une autre planète. Tout ce qui est droit, il le coupe. Son histoire serait très longue à raconter. Je l'ai inventé quand j'étais adolescent. Il y a d'autres personnages importants dans mon univers : un ours nommé Kiemq, un tanuki, un lièvre et un robot-bébé en forme de kaki… Leur conception du monde est très particulière car ils viennent de civilisations extra-terrestres. Il faudra un jour que je raconte leur histoire. Chacun d'entre eux reflète une partie de ma personnalité. Moi, je suis un homme, mais je suis aussi une fille dans ma tête et ma petite copine, c'est une poupée articulée en silicone, grandeur nature."
Nishimaki est aussi expansif que son oeuvre, prodigal, débordant. "Je peins l'Utopie du plaisir", dit-il, résumant en une phrase fulgurante ce plaisir de saccager, dilapider, dépenser sans compter, à profusion, dans une débauche d'énergie vitale qui nous fait presque toucher du doigt nos souvenirs d'enfants, quand nous ne savions pas que la mort existait.Toru a publié un livre en français « Décomposition splendide » (éd. Magnus) et un autre en Japonais : Kurogiga-ka ("Caricature Noire").
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par Copyright : Agnès Giard
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Artistes Japonais
Atsushi Sakai est un des artistes du livre L'Imaginaire Erotique au Japon.
Il est né le 17 septembre 1958
Photographe, danseur buto, Atsushi Sakai est fasciné par l’au-delà : « Nous vivons grâce aux morts » dit-il. Il publie pendant un an, dans la revue SM Sniper, des histoires en image inspirées des contes populaires et du folklore obscur de certaines bourgades montagnardes.
Des kappa et des tengu (animaux imaginaires) y croisent des exorcistes shinto et de jolies femmes ensorcelées qu'il faut parfois attacher dans des grottes sacrées ou des temples pour d'étranges rituels de purification… Des veuves déterrent le corps de leur mari mort pour lui faire l'amour. Des jeunes filles épousent des dieux-taureaux qui les visitent chaque nuit à la faveur de l'obscurité… Perpétuant à travers ses récits des croyances ancestrales et des coutumes antiques comme le yobai (la visite nocturne), Atsushi Sakai ressuscite un univers animiste plein de fantaisie.
La première fois que je le rencontre, dans un restaurant de Tokyo, il me montre la photo de sa fille qui accouche. "Elle a accouché à quatre pattes, comme un chien, m'indique gentiment Atsushi, alors que je retourne la photo dans tous les sens, en essayant de comprendre ce que je vois. Le bébé est sorti plus facilement. C'est une position naturelle pour accoucher. Il faut écouter son corps et rester en accord avec la nature".
C'est la première fois de ma vie que je vois une photo d'accouchement, l'image d'un bébé expulsé par l'arrière, alors que je suis en train de manger. Mais les images d'Atsushi Sakai irradient d'une telle spiritualité qu'elles illuminent ce repas.
Atsushi est fasciné par ces femmes qui donnent la vie, et par des hommes qui sacrifient la leur pour sauver d'autres vies.
En 1983, il publie un recueil de photos intitulé "Soskushin butsu". Les Sokushin Butsu sont les momies de moines qui ont arrêté progressivement de se nourrir pour atteindre un état de sainteté tel que leur corps, conservé dans la position de la prière, est devenu une relique sacrée. "Ils se sont laissé mourir dans des périodes de famine ou d'épidémie, pour sauver la vie des autres" explique Atsushi. Il en existe 42 au Japon. Atsushi leur a tous rendu hommage dans son livre, sauf un, qu'il est interdit de photographier.
Fasciné par ces dépouilles desséchées, Atsushi essaye de leur ressembler : en 1995, il fait une série de performances dansées à Paris, Berlin et Tokyo, le corps couvert d’une poussière blanche qui l’assimile à la terre. Rester proche de la terre, proche des morts, c'est une façon pour lui de célébrer la vie : "Nous vivons parce que nous marchons sur la terre, sur le corps de nos ancêtres morts, dit-il. Ils sont là, sous nos pieds. Leur tête se trouve sous nos pieds et nous porte. Nous sommes debouts, parce qu'ils ont accepté de mourir".
Là, sur la photo, Atsushi fait le signe du coeur. J'aurais dû joindre mes doigts, symétriquement aux siens pour compléter la forme du coeur, mais j'étais hum trop en joie ce soir-là.
Bibliographie de Atsushi Sakai : "L'univers de Kazuo Ono" et "Les bouddhas-momies au Japon". L'editeur francais Le Lézard Noir devrait bientôt éditer ses photos érotiques sous le titre Hyaku monogatari (Cent contes).
Plus d'images et d'infos sur Atsushi Sakai : ici
Il est né le 17 septembre 1958Photographe, danseur buto, Atsushi Sakai est fasciné par l’au-delà : « Nous vivons grâce aux morts » dit-il. Il publie pendant un an, dans la revue SM Sniper, des histoires en image inspirées des contes populaires et du folklore obscur de certaines bourgades montagnardes.
Des kappa et des tengu (animaux imaginaires) y croisent des exorcistes shinto et de jolies femmes ensorcelées qu'il faut parfois attacher dans des grottes sacrées ou des temples pour d'étranges rituels de purification… Des veuves déterrent le corps de leur mari mort pour lui faire l'amour. Des jeunes filles épousent des dieux-taureaux qui les visitent chaque nuit à la faveur de l'obscurité… Perpétuant à travers ses récits des croyances ancestrales et des coutumes antiques comme le yobai (la visite nocturne), Atsushi Sakai ressuscite un univers animiste plein de fantaisie.
La première fois que je le rencontre, dans un restaurant de Tokyo, il me montre la photo de sa fille qui accouche. "Elle a accouché à quatre pattes, comme un chien, m'indique gentiment Atsushi, alors que je retourne la photo dans tous les sens, en essayant de comprendre ce que je vois. Le bébé est sorti plus facilement. C'est une position naturelle pour accoucher. Il faut écouter son corps et rester en accord avec la nature".
C'est la première fois de ma vie que je vois une photo d'accouchement, l'image d'un bébé expulsé par l'arrière, alors que je suis en train de manger. Mais les images d'Atsushi Sakai irradient d'une telle spiritualité qu'elles illuminent ce repas.
Atsushi est fasciné par ces femmes qui donnent la vie, et par des hommes qui sacrifient la leur pour sauver d'autres vies.
En 1983, il publie un recueil de photos intitulé "Soskushin butsu". Les Sokushin Butsu sont les momies de moines qui ont arrêté progressivement de se nourrir pour atteindre un état de sainteté tel que leur corps, conservé dans la position de la prière, est devenu une relique sacrée. "Ils se sont laissé mourir dans des périodes de famine ou d'épidémie, pour sauver la vie des autres" explique Atsushi. Il en existe 42 au Japon. Atsushi leur a tous rendu hommage dans son livre, sauf un, qu'il est interdit de photographier.
Fasciné par ces dépouilles desséchées, Atsushi essaye de leur ressembler : en 1995, il fait une série de performances dansées à Paris, Berlin et Tokyo, le corps couvert d’une poussière blanche qui l’assimile à la terre. Rester proche de la terre, proche des morts, c'est une façon pour lui de célébrer la vie : "Nous vivons parce que nous marchons sur la terre, sur le corps de nos ancêtres morts, dit-il. Ils sont là, sous nos pieds. Leur tête se trouve sous nos pieds et nous porte. Nous sommes debouts, parce qu'ils ont accepté de mourir".
Là, sur la photo, Atsushi fait le signe du coeur. J'aurais dû joindre mes doigts, symétriquement aux siens pour compléter la forme du coeur, mais j'étais hum trop en joie ce soir-là.Bibliographie de Atsushi Sakai : "L'univers de Kazuo Ono" et "Les bouddhas-momies au Japon". L'editeur francais Le Lézard Noir devrait bientôt éditer ses photos érotiques sous le titre Hyaku monogatari (Cent contes).
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Artistes Japonais
"C'est l'année du sanglier en 2007, m'annonce Kiyaoki Kanai. Et si on rêve d'une aubergine, avec le Mont Fuji et un Taka (un épervier), c'est signe de bonheur pour l'année à venir".Kiyoaki Kanai est un des artistes du livre L'Imaginaire Erotique au Japon.
Il est né le 2 décembre 1957
D’origine modeste, Kiyoaki travaille d’abord dans une imprimerie puis se lance dans la peinture en autodidacte. Pour gagner sa vie, il produit de façon presque industrielle des packagings de jeux vidéos, des couvertures de romans d’horreur, des affiches de films historiques, des couvertures de magazines populaires. Son art est populaire, épique, visuellement frappant.
Pour ne pas perdre sa clientèle (également constituée de banques et d'entreprises qui lui font faire leurs images publicitaires), Kiyoaki Kanai refuse que je le photographie. Il cache son visage et réalise toutes ses oeuvres érotiques sous pseudonyme. Il a emprunté son nom d'artiste à un héros de Mishima, "un beau garçon" dit-il timidement.
Quand je le rencontre dans la partie populaire de Shimokitazawa, où il vit, Kiyoaki Kanai porte un costume gris, rigide, avec le col boutonné, et me fait penser à un manutentionnaire. "J'ai dû gagner ma vie très tôt, explique-t-il et ce travail dans l'imprimerie était un travail physique très dur, très épuisant. Pendant des années, j'ai vécu pauvrement, jusqu'au jour où je me suis dit que ça ne servait à rien de continuer comme ça. Je me suis mis à faire de la peinture, comme illustrateur et graphiste, en m'inspirant de la culture populaire, des Kaiju eiga (films style Godzilla) : des filles géantes en bikini qui se battent contre des monstres." Kiyoaki souligne avec humour que ses images de catastrophe ont toujours beaucoup de succès, "peut-être parce qu'elles donnent un sentiment de liberté. La catastrophe, ça plait beaucoup aux Japonais. C'est comme les films de Takeshi Kitano (qui était lui aussi un auto-didacte) : ni dieu, ni morale. On peut tout casser. Le système confucéen est trop rigide". Kiyoaki semble cependant éprouver une gène intense quand je lui parle de "défoulement". Son visage se crispe à ce point que je dois rapidement passer à un autre sujet : son père.
"Mon père fabriquait des katana à Kyushu. Pendant la seconde guerre mondiale, il a reçu beaucoup de commandes de l'armée ! Et après la défaite, il a dû changer de métier. il est devenu charpentier et il a caché à tout le monde le secret de son passé honteux. J'avais 20
ans quand il a m'a dit la vérité et quand il m'a montré des katana. C'est à cause de ça que je m'intéresse à la culture des samouraïs, à Miyamoto Musashi, aux films de Kurosawa".Son meilleur souvenir : la neige qui tombe sur la mer dans la préfecture de Saga.
Exposé à la galerie d’art Vanilla, publié dans la revue SM Sniper, son talent est enfin reconnu, depuis environ 5 ans.
Voici l'image qu'il ma donnée de lui, pour remplacer le portrait que je voulais en photo.
Plus d'images et d'infos sur Kiyoaki Kanai : ici.
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Artistes Japonais
2007, c'est l'année du sanglier au Japon alors Asaji Muroi souhaite que Inoshishi (le sanglier) nous apporte à tous du bonheur cette année. Et voici son dessin avec les meilleurs voeux !Asaji Muroi est un des artistes du livre L'Imaginaire Erotique au Japon.
Il est né le 8 septembre 1946
Au début des années 70, Asaji Muroi – chercheur spécialisé dans la lutte contre le cancer - dessine en cachette des images de femmes à quatre pattes, qui gardent l’entrée des maisons, apportent le courrier et quémandent en vain des caresses… Elles sont nues, ou vêtues d’un pagne, et se font humilier par des Maîtres qui tirent sans ménagement sur leur laisse ou les mettent au piquet devant le facteur et les voisins souriants. Pendant plus de 20 ans, Asaji dessine ces images en secret et les publie sous le manteau dans des revues sado-masos, notamment Kitan Club. "A l'époque, le SM c'était tabou (même maintenant, on n’en parle pas très ouvertement). Cela fait très peu de temps que j’ai avoué mes activités de dessinateur à ma femme et à quelques amis intimes. J'ai toujours peur qu'on sache que je fais des dessins. Je me sens comme un petit garcon qui pourrait être pris en faute par ses parents. Mais je pense que cette mauvaise conscience est importante pour moi. Il ne faut pas l'oublier. L'acte de dessiner doit rester un cérémonie secrète pour moi."
Maintenant reconnu, et exposé dans la plus célèbre galerie d'art érotique de Tokyo (la Vanilla Galllery), cet artiste au talent immense a la surprise de voir que de nombreux admirateurs s’inspirent de ses femmes-chiens. Même la star de l'art contemporain – Makoto Aida - reprend joyeusement ces fantasmes canins dans des tableaux qui montrent des filles nues appelées « Dog ». Né au Japon en 1946, Asaji Muroi est maintenant à la retraite. Il vit avec sa femme – biologiste de renom - dans un immeuble tranquille de Komagome (à Tokyo) où les animaux sont interdits. Il n’a pas de chien, ni d’enfant. Il travaille depuis 2004 pour la revue SM Sniper, qui lui commande un dessin chaque mois. "Mes outils de travail sont une plume et de l’encre noir. Pour imprimer en couleur, je me sers de photoshop. Je n'ai pas fait les beaux arts. Je sais que mes dessins sont maladroits. C’est un genre d’Art Naïf. Je dessine mes rêves, mes fantasmes. Chacune de mes images est une scène imaginaire, une longue scène mûrie en moi depuis que je suis petit." Asaji dit que ses images sont imprégnées par un souvenir d'enfance : celui d'une affiche de cirque qui montrait un phénomène de foire, une femme difforme aux bras et aux jambes raccourcis et seulement capable de se déplacer à quatre pattes. "Sur l’affiche, on l’appelait « Femme-chienne ». J’avais 5-6 ans. Cette image ne m’a jamais quittée. Toutes mes oeuvres reflètent le souvenir nostalgique de mon enfance. J'aime l’époque où le Japon était pauvre. La nostalgie a des choses en commun avec l'érotisme. Je suppose que je dessine les illusions de l'enfance."
Son site internet s'appelle Inuya Aigando (la boutique des chiennes bien-aimées).
Plus d'images et d'infos sur Asaji Muroi : ici.
par Copyright : Agnès Giard
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Artistes Japonais
Suehiro Maruo est un des artistes du livre L'Imaginaire Erotique au Japon.
Il est né le 28 janvier 1956
Puisant son inspiration dans l’expressionnisme allemand des années 30, l’art décadent de la période Taisho, les romans noirs d’Edogawa Rampo et les Muzan-e (« images d’atrocités »), Suehiro Maruo donne vie aux cauchemars les plus cruels de la psyche japonaise avec une délicatesse et une élégance rare.
Dans La Jeune fille aux camélias (Shojo Tsubaki, 1984) Suehiro Maruo donne notamment naissance à une image dont l'impact sera aussi énorme que surprenant : l'image d'une jeune fille qui se fait lécher le globe de l'oeil. "Je pensais seulement au film de Bunuel – Un Chien Andalou - dans lequel une femme se fait trancher la pupille au rasoir… J'ai transformé le rasoir en langue". Par pur souci d'originalité et par allusion probablement à Bataille, Maruo dessine donc l’œil, écarquillé d’horreur, d’une jeune fille qui subit cet attouchement atroce.
En France, Philippe Sollers publie dans L'Echo des savanes un article retentissant sur ce phénomène extrême : le léchage oculaire, nouvelle pratique sexuelle déviante.
Au Japon, des revues underground reproduisent en photo cette caresse des muqueuses.
L'obession de Maruo pour les monstres qui cachent leur visage ou les grands brulés recouverts de bandelettes, dont on ne voit qu'un oeil dilaté par la folie, inspire de nombreux photographes érotiques. Maître de l'ero-guro, Suehiro Maruo semble pourtant ignorer les nombreux hommages qu'on lui rend.
Je le rencontre le 24 juillet 2005, dans le quartier populaire d'Asakusa où il vit depuis si longtemps - le quartier des articles funéraires bouddhistes, non loin du temple Senso-ji - grâce à M. Tanemura, le directeur de la Span Art Gallery. Maruo nous emmène dans un café et là, pendant une heure, il répond aux questions sans lever les yeux. Le seul moment où je croise son regard c'est quand je le photographie. C'est un homme timide, introverti et un génie.
Son site internet s'intitule Maruo Jigoku : l'enfer de Maruo.
Oeuvres traduites en Français
Aux éditions Imho : Shojo Tsubaki (le manga).
Aux éditions du Lézard Noir : Exercices d'automne, l'Art du bain japonais, Yume no Q-saku, Vampyre (en deux tomes), Lunatic Lover’s, Shojo Tsubaki (le CD, avec une musique de J.A Seazer - transcription phonétique du nom "Cesar" prononcé à l'anglaise).
Plus d'images et d'infos sur Suehiro Maruo : ici.
Il est né le 28 janvier 1956
Puisant son inspiration dans l’expressionnisme allemand des années 30, l’art décadent de la période Taisho, les romans noirs d’Edogawa Rampo et les Muzan-e (« images d’atrocités »), Suehiro Maruo donne vie aux cauchemars les plus cruels de la psyche japonaise avec une délicatesse et une élégance rare. Dans La Jeune fille aux camélias (Shojo Tsubaki, 1984) Suehiro Maruo donne notamment naissance à une image dont l'impact sera aussi énorme que surprenant : l'image d'une jeune fille qui se fait lécher le globe de l'oeil. "Je pensais seulement au film de Bunuel – Un Chien Andalou - dans lequel une femme se fait trancher la pupille au rasoir… J'ai transformé le rasoir en langue". Par pur souci d'originalité et par allusion probablement à Bataille, Maruo dessine donc l’œil, écarquillé d’horreur, d’une jeune fille qui subit cet attouchement atroce.
En France, Philippe Sollers publie dans L'Echo des savanes un article retentissant sur ce phénomène extrême : le léchage oculaire, nouvelle pratique sexuelle déviante.
Au Japon, des revues underground reproduisent en photo cette caresse des muqueuses.
L'obession de Maruo pour les monstres qui cachent leur visage ou les grands brulés recouverts de bandelettes, dont on ne voit qu'un oeil dilaté par la folie, inspire de nombreux photographes érotiques. Maître de l'ero-guro, Suehiro Maruo semble pourtant ignorer les nombreux hommages qu'on lui rend.Je le rencontre le 24 juillet 2005, dans le quartier populaire d'Asakusa où il vit depuis si longtemps - le quartier des articles funéraires bouddhistes, non loin du temple Senso-ji - grâce à M. Tanemura, le directeur de la Span Art Gallery. Maruo nous emmène dans un café et là, pendant une heure, il répond aux questions sans lever les yeux. Le seul moment où je croise son regard c'est quand je le photographie. C'est un homme timide, introverti et un génie.
Son site internet s'intitule Maruo Jigoku : l'enfer de Maruo.
Oeuvres traduites en Français
Aux éditions Imho : Shojo Tsubaki (le manga).
Aux éditions du Lézard Noir : Exercices d'automne, l'Art du bain japonais, Yume no Q-saku, Vampyre (en deux tomes), Lunatic Lover’s, Shojo Tsubaki (le CD, avec une musique de J.A Seazer - transcription phonétique du nom "Cesar" prononcé à l'anglaise).
Plus d'images et d'infos sur Suehiro Maruo : ici.
par Copyright : Agnès Giard
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Artistes Japonais
Yasuji Watanabe est un des artistes du livre L'Imaginaire Erotique au Japon.
Il est né le 25 février 1966.
Photographe connu pour son livre "Tokyo Girls" (éditions Reuss), Yasuji travaille, depuis 1990, comme rédacteur en chef de SM Sniper. C'est le premier magazine fetish-SM au monde, en terme de distribution (50 000 exemplaires en vente), mais surtout d'innovation : Yasuji Watanabe met en effet un point d'honneur a y publier la crème des artistes japonais d'avant-garde et commande souvent des oeuvres inédites, publiées exclusivement dans sa revue, afin d'encourager la création contemporaine. Les séries photos les plus extrêmes cotoient donc dans SM Sniper des oeuvres énigmatiques, expérimentales ou bizarres.
Les plus bizarres sont d'ailleurs sans conteste les photos mêmes de Yasuji qui publie chaque mois un portfolio de clichés décalés montrant des jeunes filles habillées en poupée, le visage fermé, la mine boudeuse, attachées dans des décors de conte de fée dysfonctionnels. Yasuji ligote lui-même ses modèles mais comme il ne s'y connait pas du tout en shibari il se contente généralement d'enrouler une corde autour du torse de ses modèles, à la cowboy...
Il attache en revanche tous ses soins à traquer dans leur visage le signe de l'inconfort : "Je leur demande de ne pas sourire, explique-t-il. Car le sourire, au Japon, est synonyme de politesse, donc de mensonge. Je préfère les modèles qui ont l'air triste, mélancolique, mystérieux. C'est beaucoup plus excitant pour moi, car j'y vois l'expression de sentiments profonds". Par allusion à ce monde de souffrance, Yasuji Watanabe a d'ailleurs adopté le pseudonyme d'Amida Camera : l'appareil-photo du Bouddha Amida. Ses séries de bondage sont donc marquées par l'idée que nous sommes tous liés, dans cette vie aussi irréelle qu'un songe, à des passions qui s'effacent plus vite que des traces de corde sur la peau…

Le 23 janvier 2005, j'ai demandé à Yasuji de faire une séance photo spécialement pour moi. Dans le studio photo du magazine SM Sniper, il a donc fait venir une de ses modèles préférées - Kimera (Chimère), également connue sous le nom de "Murasaki Hyakuroh Kichiku Musume" (quelque chose comme "La jeune fille démon violet en colère") - et lui a demandé de boire un verre de vinaigre et de couper des oignons devant son objectif… Il fallait absolument que Kimera fasse la grimace.
C'est cette série, nommée "oignon", que j'ai publié dans l'Imaginaire érotique au Japon, comme la plus représentative de l'art de Yasuji : l'art des larmes.
Yasuji Watanabe réalise également des vidéos SM, purs chefs d'oeuvres d'étrangeté onirique, succession de clips lents et doux tournés dans des paysages flous.
Sa dernière exposition (23 nov - 10 dec 2006), à la galerie Subterranenans s'intitulait "The portrait of innocent girls through the amidacamera". Alice à travers le miroir ?
Plus d'images et d'infos sur Yasuji Watanabe : ici.
Il est né le 25 février 1966.
Photographe connu pour son livre "Tokyo Girls" (éditions Reuss), Yasuji travaille, depuis 1990, comme rédacteur en chef de SM Sniper. C'est le premier magazine fetish-SM au monde, en terme de distribution (50 000 exemplaires en vente), mais surtout d'innovation : Yasuji Watanabe met en effet un point d'honneur a y publier la crème des artistes japonais d'avant-garde et commande souvent des oeuvres inédites, publiées exclusivement dans sa revue, afin d'encourager la création contemporaine. Les séries photos les plus extrêmes cotoient donc dans SM Sniper des oeuvres énigmatiques, expérimentales ou bizarres. Les plus bizarres sont d'ailleurs sans conteste les photos mêmes de Yasuji qui publie chaque mois un portfolio de clichés décalés montrant des jeunes filles habillées en poupée, le visage fermé, la mine boudeuse, attachées dans des décors de conte de fée dysfonctionnels. Yasuji ligote lui-même ses modèles mais comme il ne s'y connait pas du tout en shibari il se contente généralement d'enrouler une corde autour du torse de ses modèles, à la cowboy...
Il attache en revanche tous ses soins à traquer dans leur visage le signe de l'inconfort : "Je leur demande de ne pas sourire, explique-t-il. Car le sourire, au Japon, est synonyme de politesse, donc de mensonge. Je préfère les modèles qui ont l'air triste, mélancolique, mystérieux. C'est beaucoup plus excitant pour moi, car j'y vois l'expression de sentiments profonds". Par allusion à ce monde de souffrance, Yasuji Watanabe a d'ailleurs adopté le pseudonyme d'Amida Camera : l'appareil-photo du Bouddha Amida. Ses séries de bondage sont donc marquées par l'idée que nous sommes tous liés, dans cette vie aussi irréelle qu'un songe, à des passions qui s'effacent plus vite que des traces de corde sur la peau…
Le 23 janvier 2005, j'ai demandé à Yasuji de faire une séance photo spécialement pour moi. Dans le studio photo du magazine SM Sniper, il a donc fait venir une de ses modèles préférées - Kimera (Chimère), également connue sous le nom de "Murasaki Hyakuroh Kichiku Musume" (quelque chose comme "La jeune fille démon violet en colère") - et lui a demandé de boire un verre de vinaigre et de couper des oignons devant son objectif… Il fallait absolument que Kimera fasse la grimace. C'est cette série, nommée "oignon", que j'ai publié dans l'Imaginaire érotique au Japon, comme la plus représentative de l'art de Yasuji : l'art des larmes.
Yasuji Watanabe réalise également des vidéos SM, purs chefs d'oeuvres d'étrangeté onirique, succession de clips lents et doux tournés dans des paysages flous.
Sa dernière exposition (23 nov - 10 dec 2006), à la galerie Subterranenans s'intitulait "The portrait of innocent girls through the amidacamera". Alice à travers le miroir ?
Plus d'images et d'infos sur Yasuji Watanabe : ici.
par Copyright : Agnès Giard
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Artistes Japonais
Makoto Aida est un des artistes du livre L'Imaginaire Erotique au Japon.
Il est né le 4 octobre 1965
Diplômé des beaux-arts de Tokyo en 1989, Makoto Aida se distingue très vite par son goût pour la provocation. C’est d’ailleurs à la provocation qu’on reconnaît son œuvre, car Makoto revendique l’absence totale de style : passant librement de la peinture à la vidéo, du manga à l’installation, du bodypainting à l’affiche de film (Charisma de Kiyosi Kurosawa), ce « bad boy » des galeries d’art contemporaines multiplie les attentats aux bons goûts avec un sens radical de la critique.
On le connaît surtout pour ses tableaux de jeunes Japonaises amputées, nues, tenues en laisse comme de gentilles chiennes de compagnie. On le connaît aussi pour sa « fausse machine à suicide », son château de cartons pour les SDF de Shinjuku ou sa vidéo de masturbation devant des kanji signifiant « Idée d’une jolie femme »…
A la Mizuma Art Gallery, les critiques d’art s’étonnent toujours de trouver d’inépuisables matières à scandale dans les expositions de leur enfant maudit : Makoto peint par exemple un Mickey sous acide d’1,5 mètres qui sodomise Minnie, surmontée d’un logo Disney marqué en kanji de la phrase suivante : « Copyright? F---k it! Venez me chercher si vous osez ». Sarcastique, il dessine aussi des mangas ou des posters aux slogans ironiques, volontairement griffonés, imprégnés de mort et de sexe : un écolier poignarde une camarade de classe… Une super-collégienne style Sailor Moon se bat contre une armée de yankee violeurs aux pénis géants…
Associé à la culture otaku, son art reflète de manière absurde un monde qui a divorcé de la
réalité pour rejoindre l’univers virtuel des BD et des jeux vidéos. Il refait l’histoire à l’envers. Dénonçant à la fois les nationalistes et les otakus (ceux qui rêvent de leur grandeur phallique passée et ceux qui vivent par procuration de glorieuses aventures sexuelles), il représente dans sa série "War Picture Returns" les célèbres zéros (les avions qui ont anéanti Pearl Harbour) lacher leur tapis de bombes sur un New York dévasté. Parodiant les images de propagande impérialiste de 1945, il exorcise l’humiliation de la défaite dans des œuvres qui montrent le Japon comme une jeune fille violée en quête de vengeance.
Et comme il n’aime pas plus le nouvel ordre mondial, il propose aussi la création d’un « Urakokuren » (Nations-Unies de l’envers), constitué uniquement de baka (idiots), sans oublier les alcooliques, les pervers et les violeurs. Quand je le rencontre à la Mizuma Art Gallery (à Nakameguro), il expose avec sa femme Hiroko Okada de grands panneaux réalisés avec l’aide de leur petit garçon, Torajiro, alors âgé d’à peine trois ou quatre ans… Encore un pied de nez à l’art contemporain. Contrairement aux critiques d’art, je ne le trouve pourtant ni révolté, ni sarcastique, ni même rien du tout de ce que j’attendais.
Il dit seulement qu’il a beaucoup souffert, adolescent, de sa timidité maladive qui l’empêchait d’avoir une petite copine. Et que tout ce qu’il a fait, c’était juste pour vaincre sa timidité.
Son manga Mutant Hanako a été traduit en Français par les éditions du Lézard noir.

Plus d'images et d'infos sur Makoto Aida : ici.
Il est né le 4 octobre 1965Diplômé des beaux-arts de Tokyo en 1989, Makoto Aida se distingue très vite par son goût pour la provocation. C’est d’ailleurs à la provocation qu’on reconnaît son œuvre, car Makoto revendique l’absence totale de style : passant librement de la peinture à la vidéo, du manga à l’installation, du bodypainting à l’affiche de film (Charisma de Kiyosi Kurosawa), ce « bad boy » des galeries d’art contemporaines multiplie les attentats aux bons goûts avec un sens radical de la critique.
On le connaît surtout pour ses tableaux de jeunes Japonaises amputées, nues, tenues en laisse comme de gentilles chiennes de compagnie. On le connaît aussi pour sa « fausse machine à suicide », son château de cartons pour les SDF de Shinjuku ou sa vidéo de masturbation devant des kanji signifiant « Idée d’une jolie femme »…
A la Mizuma Art Gallery, les critiques d’art s’étonnent toujours de trouver d’inépuisables matières à scandale dans les expositions de leur enfant maudit : Makoto peint par exemple un Mickey sous acide d’1,5 mètres qui sodomise Minnie, surmontée d’un logo Disney marqué en kanji de la phrase suivante : « Copyright? F---k it! Venez me chercher si vous osez ». Sarcastique, il dessine aussi des mangas ou des posters aux slogans ironiques, volontairement griffonés, imprégnés de mort et de sexe : un écolier poignarde une camarade de classe… Une super-collégienne style Sailor Moon se bat contre une armée de yankee violeurs aux pénis géants…
Associé à la culture otaku, son art reflète de manière absurde un monde qui a divorcé de la
réalité pour rejoindre l’univers virtuel des BD et des jeux vidéos. Il refait l’histoire à l’envers. Dénonçant à la fois les nationalistes et les otakus (ceux qui rêvent de leur grandeur phallique passée et ceux qui vivent par procuration de glorieuses aventures sexuelles), il représente dans sa série "War Picture Returns" les célèbres zéros (les avions qui ont anéanti Pearl Harbour) lacher leur tapis de bombes sur un New York dévasté. Parodiant les images de propagande impérialiste de 1945, il exorcise l’humiliation de la défaite dans des œuvres qui montrent le Japon comme une jeune fille violée en quête de vengeance. Et comme il n’aime pas plus le nouvel ordre mondial, il propose aussi la création d’un « Urakokuren » (Nations-Unies de l’envers), constitué uniquement de baka (idiots), sans oublier les alcooliques, les pervers et les violeurs. Quand je le rencontre à la Mizuma Art Gallery (à Nakameguro), il expose avec sa femme Hiroko Okada de grands panneaux réalisés avec l’aide de leur petit garçon, Torajiro, alors âgé d’à peine trois ou quatre ans… Encore un pied de nez à l’art contemporain. Contrairement aux critiques d’art, je ne le trouve pourtant ni révolté, ni sarcastique, ni même rien du tout de ce que j’attendais.
Il dit seulement qu’il a beaucoup souffert, adolescent, de sa timidité maladive qui l’empêchait d’avoir une petite copine. Et que tout ce qu’il a fait, c’était juste pour vaincre sa timidité.
Son manga Mutant Hanako a été traduit en Français par les éditions du Lézard noir.

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par Copyright : Agnès Giard
publié dans :
Artistes Japonais