L'IMAGINAIRE EROTIQUE AU JAPON

 

Ordre de Mission

 
Jeudi 29 mars 2007
L’Imaginaire érotique au Japon

L’imaginaire érotique au Japon propose un décryptage des fantasmes actuels, dresse le tableau exhaustif des mœurs japonaises et remonte à leur source.
En dévoilant l’origine des obsessions courantes ou rares qui travaillent 127 millions de personnes sur cet archipel en sursis, secoué par des spasmes incessants, ce livre d’art lève le voile sur ces pratiques érotiques si bizarres à nos yeux, mises en perspective et replacées dans un contexte historique et mythologique.

Comment décrypter les différentes facettes de l'érotisme au Japon ? Que ce soit dans l'art, dans la vie quotidienne et dans l'économie, les « folies nippones » s’inscrivent dans la logique d’une esthétique très ancienne, celle du monde flottant (Ukiyo).

L’ancienne culture poétique de l’instantané et de l’éphémère se perpétue à travers les images d’héroïnes aux grands yeux miroitants qui affrontent des monstres à tentacule. Et les filles en uniforme de collégienne, qui affichent leurs maquillages outranciers dans les rues de Shibuya, ne sont que les dernières incarnations de la Déesse du Soleil, Amaterasu, dont descend l’Empereur actuel, 250ème du nom…

L’érotisme au Japon se trouve à l’épicentre d’un tremblement de terre créatif permanent.

L’Imaginaire érotique au Japon  – fruit de dix ans de reportages au Japon – se divise en 11 chapitres portant chacun sur une spécificité de l’érotisme japonais : l’obsession des culottes, la fascination pour le masque, le goût des femmes-poupées, la hantise de la fin du monde, le sentiment national de la castration, etc.

Les chapitres sont illustrés par des oeuvres d'art dont certaines sont signées par les plus grands noms de l’art contemporain : Takashi Murakami (chef de file de la pop-culture otaku), Makoto Aida, Tadanori Yokoo (figure d'avant-garde des années 70), Suehiro Maruo, Gengoroh Tagame (star du manga gay hardcore), Kago Shintaro, Ryo Yoshida (créateur de l'école Pygmalion)…

Les autres œuvres, inédites, témoignent de l’incroyable créativité du Japon des années 2000. Photographes de geishas futuristes, peintres d’estampes numériques ou créateurs de poupées-mangas, une trentaine d’artistes – les fers de lance des nouvelles galeries d’art au Japon – ont accepté de participer à l’aventure de ce livre.


« Fascinante descente ethno-érotique dans les fantasmes
et l’au-delà sexuel des Japonais »
(Coup de Cœur FNAC)

"Le sexe étant aujourd'hui plus important que l'âme, rendons lui un peu de son esprit à l'occasion de la parution de l'impressionnant (beau, exhaustif, précis, cultivé, allumé, en couleur, etc.) livre d'Agnès Giard, journaliste spécialisée dans les contre-cultures, et sobrement intitulé L'Imaginaire érotique au Japon.

Un ouvrage suffisamment dense pour qu'on l'éprouve comme une expérience érotique en soi, tout au long de quelque trois cents pages illustrées par les plus grands artistes contemporains nippons dans un vertige de propositions et de figures parfois proches de l'hallucination (à cet égard, une mention particulière aux photographies en noir et blanc de Ken-Ichi Murata, qui creuse les rapports entre la femme et les tentacules de plastique s'évadant d'anus offerts et de vulves pétrifiées)...

Ceci étant dit, on ne réduira pas cet ouvrage à une compilation de fantasmes incarnés dans des pratiques culturelles et artistiques délirantes (pour notre oeil européen du moins). Non, il faudrait plutôt le situer à mi-chemin entre le beau livre et l'essai ethno-érotique sur le Japon contemporain, véritable héros underground de ces pages et - cela transpire de part en part -, intarissable source de fascination et d'affection pour l'auteur.
De l'amour des petites culottes usagées vendues en distributeur automatique au culte des poupées maléfiques qui disent le sexe de la mort, des vidéos érotiques de seppuku à la question sociétale des strip-teases, de l'angoisse nationale de la castration à l'inflation des gadgets sexuels tel que le sexe jetable à déflorer, de la presse transgressive kitsch pour lycéennes aux bars à fellation, au Japon, l'imaginaire érotique ne connaît pas de limite. De quoi faire rougir le pays du divin marquis."


L’Imaginaire érotique au Japon, de Agnès Giard, éd. Albin Michel
340 pages / 800 illustrations
Prix : 35 euros
Format : 18 x 24 cm
Parution : 20 novembre 2006
Mercredi 28 mars 2007
Nishimaki Toru est un des artistes du livre L'Imaginaire Erotique au Japon.

Il est né le 11 octobre 1964.
Quand il était petit, Nishimaki est tombé à ce point sous le charme des livres pour petites filles (notamment "Caroline"
dessinée par le Français Pierre Probst) qu'il a fini par en devenir une… Dans ses tableaux, jonchés de sucreries et de jouets, l'univers de l'enfance se déploie comme un espace de liberté jubilatoire. Des gamines potelées sautent à pieds joints dans leur assiette de babas au rhum ou rebondissent joyeusement sur un matelas recouvert de choux à la crème qu'elles réduisent en bouillie, au milieu d'un gachis sans nom. Tracées au crayon très fin puis frottées et retravaillées jusqu'à la maniaquerie, les oeuvres de Nishimaki tournent obsessionnellement autour du désordre et du gaspillage.
La première fois que je le rencontre, dans le café Silk d'Ikebukuro, Nishimaki a mis sa tenue préférée : un pantalon en cuir gainé dans des cuissardes très moulantes qui lui donnent la silhouette androgyne. Il adore les cuissardes et presque tous ses personnages en portent, comme pour mieux piétiner ces gâteaux ou ces jouets qui symbolisent l'orgie… "Il n'y a jamais assez de jouets dans mes tableaux, je voudrais toujours en mettre plus, bien plus.
C'est indispensable pour moi.  Je représente l'univers où je voudrais être : Fukuga, un monde fait de plaisir (fuku : le bonheur. Enga : sensuel)… C'est un monde rempli à profusion de jouets, pervers et polymorphe comme ce petit personnage de pieuvre que je mets dans tous mes tableaux. Il s'appelle Zeruske et vient d'une autre planète. Tout ce qui est droit, il le coupe. Son histoire serait très longue à raconter. Je l'ai inventé quand j'étais adolescent. Il y a d'autres personnages importants dans mon univers : un ours nommé Kiemq, un tanuki, un lièvre et un robot-bébé en forme de kaki… Leur conception du monde est très particulière car ils viennent de civilisations extra-terrestres. Il faudra un jour que je raconte leur histoire. Chacun d'entre eux reflète une partie de ma personnalité. Moi, je suis un homme, mais je suis aussi une fille dans ma tête et ma petite copine, c'est une poupée articulée en silicone, grandeur nature."
Nishimaki est aussi expansif que son oeuvre, prodigal, débordant.
"Je peins l'Utopie du plaisir", dit-il, résumant en une phrase fulgurante ce plaisir de saccager, dilapider, dépenser sans compter, à profusion, dans une débauche d'énergie vitale qui nous fait presque toucher du doigt nos souvenirs d'enfants, quand nous ne savions pas que la mort existait.

Toru a publié un livre en français « Décomposition splendide » (éd. Magnus) et un autre en Japonais : Kurogiga-ka ("Caricature Noire").

Plus d'images et d'infos sur Nishimaki Toru : ici
par Copyright : Agnès Giard publié dans : Artistes Japonais
Mercredi 28 mars 2007
Le jeudi 12 avril, à 19h30, la librairie Blue Book Paris organise une rencontre avec Agnès Giard. Thème de la soirée : l'homoérotisme au Japon.

"Le Japon, ce ne sont pas seulement les samouraïs (et leur grand sabre), ce sont aussi ces fleurs (kiku) - les chrysanthèmes - dont certaines possèdent autant de pétales que les plis de l'anus disent certains, soulignant avec humour le lien que les soldats entretenaient avec leurs mignons... L'Imaginaire érotique au Japon explore tous les recoins de la libido du mâle nippon, avec une attention particulière à leurs moeurs d'aujourd'hui, remplies de nostalgie pour un glorieux passé : nostalgie du pénis triomphant des guerriers, amour des fundoshi (les cache-sexe traditionnels, symboles de la virilité car ils moulent bien le paquet et mettent en valeur les fesses), amour surtout de ces phallus qui se dressent à tous les coins de temples shinto comme des rappels à l'ordre!
Dans ce pays - qui traditionnellement vénère les organes génitaux à légal des dieux et qui accorde aux onnagata (acteurs spécialisés dans les rôles de femme) le statut de stars absolues - la culture gay-queer s'est-elle développée d'une manière différente ? Quelles sont les spécificités de l'homo-érotisme nippon ? Quels  fantasmes distinguent le Japon de la France sur tout ce qui touche à la question des genres ?
C'est Takato Yamamoto - le Maître du Yaoi (boys' love) - qui signe la couverture de "L'Imaginaire érotique au Japon". Cette image ambiguë - un garçon à l'apparence de jeune fille - donne le ton de cette enquête dans les plis et les replis de la libido japonaise".

Blue Book Paris : 61 rue Quincampoix, 75004 Paris
Tél. : 01 48 87 03 04
par Copyright : Agnès Giard publié dans : L'Imaginaire Erotique au Japon
Mercredi 28 mars 2007
Du 9 au 16 mai 2007, le cinéma Alhambra, récemment ouvert à Calais, s'associe aux structures culturelles de la Ville (Musée, École d'Art, École de musique, Scène Nationale, SMAC) pour une Semaine autour du Japon, avec une carte blanche à L'Imaginaire Erotique au Japon.
Le 9 mai, en ouverture du festival : projection de Max mon amour (de Nagisa Oshima, avec Charlotte Rampling). Séance suivie d'une rencontre avec Agnès Giard.
Le 12 mai : soirée spéciale autour du livre avec projection de La Bête aveugle (de Yasuzo Masumura), La Vie secrète de madame Yoshino (de Masaru Konuma) et le dessin animé Midori (de Hiroshi Harada).

Cinéma Alhambra : 2, rue Jean Jaurès, 62100 Calais
Tél : 03 21 34 11 47

par Copyright : Agnès Giard publié dans : L'Imaginaire Erotique au Japon
Vendredi 16 février 2007
DANS LA PRESSE
Doudou N°3 (septembre 2007) : les éditions Anabet ont publié un "bloc d'art", livre objet en forme de bloc-notes épais, mélangeant textes (Franck Spengler, Serge Safran,  Claude Habid, Emmanuel Pierrat, David Fontaine, etc) et oeuvres d'art sur le thème des '"Erotiques". Le Japon "Un monde d'illusion" fait l'ouverture, quel honneur !
La Tribune de Genève (20 sept 2007) : Une double page fracassante annonçant la conférence "L'imaginaire érotique au Japon" qui avait lieu à la Fureur de Lire. Signé Chantal Savioz.
Marianne N°535 (21-27 juillet 2007) : Anna Alter fait la couverture avec un gros dossier sur les Fantasmes. Deux pages sont spécialement consacrées à l'Imaginaire au Japon.
Le Canard Enchainé (4 juillet 2007) : David Fontaine consacre une chronique au livre. Les "Nippons-fripons" ont l'honneur du canard.
Monsieur N°64 (mai-juin 2007) : Spécial "Désir(s) de Japon" avec une interview sur le phénomène sexless
Arts Magazine N°13 (avril 2007) : "Un siècle de fantasmes", dossier Eros de Nicolas Michel.
Hard Heavy N°132 (avril 2007) : chronique livre
Interconnexion N°130 (avril 2007) : Interview vidéo, sur DVD, réalisé par Lisa Cole
Libération (16/03/2007) : Citation dans un article de Laurence Romance sur les Gothic-Lolitas
Planète Japon (mars 2007) : chronique livre
Lou mag (mars 2007) : Un quatre pages signé Christophe Coppens.
Elegy (mars 2007) : Une interview, réalisée par Sire Cedric.
L'Express (07/02/2007) : Un article sur l'érotisme de la nuque, par Katell Pouliquen
Métro (14/02/2007) : Une chronique dans le plus gros gratuit de Bruxelles
Elle (01/02/2007) : Un article de Marc Emile Baronheid dans le Elle Belgique
Marquis magazine N°40 (déc. 2006) : Le magazine rubber-fashionista
Le Journal du Dimanche (17/12/2206) : Une chronique dans la page "Cadeaux"
Le Républicain Lorrain (17/12/2006) : L'érotique nippone à l'honneur
De L'air (déc. 2007) : Quatre pages sur le sexe au Japon
Union (déc. 2006) : Une chronique de Pierre Des Esseintes.
L'Humanité (14/12/2006) : Une chronique dans la page "Cadeaux"
Libération (01/12/2006) : Une pleine page signée Ange-Dominique Bouzet
20 Minutes (04/12/2006) Chronique éclairée de Sakurako Uozumi
Couples magazine (déc 2006) : Une interview sur 6 pages.
Fantasmes N°2 (déc-kanv 2006) : chronique livre
OVNI (01/12/2006) : Chronique du livre dans le gratuit franco-japonais
Playboy N°73 (nov. 2006) : Une pleine page, signée Gilles Tordjman
Dandy N°13 (nov. 2006) : Un article sur le néo-japonisme, d'Alfred Escot.
Enjoy N°2 (nov.2006) : Deux pages sur Tabaimo et L'imaginaire érotique au Japon.

A LA TELEVISION
DIRECT 8 (25/02/2007) : Malek Chebel, auteur de "L'Islam expliqué par Malek Chebel" (Perrin) conseille la lecture de l'Imaginaire érotique au Japon lors de son passage dans l'émission "Les enfants d'abraham".
CANAL PLUS (11/02/2007) : "Tentations". Ariel Wizman parle du livre, dans une émission spéciale St Valentin.
LCI (17/01/2007) : "Le journal de la rédaction" présenté par Michel Field consacre une chronique de trois minutes à L'Imaginaire érotique au Japon.
TPS Star (janv. 2007) : "En attendant Minuit". Un sujet de 4 minutes sur le livre, avec une interview et plein d'images.

EN RADIO
France Inter (4/11/2007) : "
Agnès Giard, journaliste, écrivain, spécialiste du Japon, nous raconte ce qui nous lie à et ce qui nous sépare de la culture japonaise face à la mort + Christophe Fauré - psychiatre, spécialisé dans l’accompagnement des personnes en fin de vie" dans le Sept Neuf, de Stéphane Paoli et Sandra Freeman.
France Inter (21/12/2006, rediffusé le 17/05/2007) : "La Bande à Bonnaud", de 16h30 à 18h, discussion animée autour des boules de geisha, des canettes masturbatoires et… de la culture japonaise.
France Musique (26/04/2007) : "Tapage Nocturne", de minuit à 1h, interview avec Bruno Letort, intercoupé d'improvisations musicales et de noise musique japonaise.
Radio Suisse Romande (16/02/2007) : en duplex, de 11h à midi, dans "l'invitée du plat du jour", sous la houlette de Yves Demay.
France Culture (07/02/2007) : "Le choix des livres", interview avec Tewfik Hakem, de 15h27 à 15h40.
Radio Libertaire (13/01/2006) : Deux heures d'entretien en direct avec Christian Marmonnier, de 17h à 19h.
Bang Bang(22/12/2006)  : Le magazine des genres, de 20 à 23h sur Pure FM (radio belge).
Radio Nova (nov. 2006) : Une chronique de Jean Rouzaud

SUR INTERNET
Les Culturelles : Un article de Jérôme Farssac qui me fait terriblement rougir
Le LabTV : Me voilà dans une vidéo réservée aux +18 ans ! ("érotisme au Japon")
Sancho does Asia : Mon site préféré sur le cinéma japonais trash déviant rose et destroy
Doctissimo : Cadeau de Noël
Le Mague : un éloge de Frédéric Vignale (merci Frédéric Vignale)
Télérama : L'espresso (newsletter), chronique de Jacques Morice.
Bodoi
Graphivore :  annonce de la signature à Bruxelles
Gayvox : l'homo-érotisme au Japon
Canalblog : un blog sur le Japon
Le Club des sens : un guide du web sexy
Jipango : la newsletter du 23 janvier 2007 et aussi celle du 16 janvier 2007
Le blog du corps : Actualité de la recherche SHS sur le corps
Christian Fauré : Il a écouté la "bande à Bonnaud", le 21 déc 06
Rue Bricabrac : Blog érotique
Le Lézard noir : Le blog des éditions du Lézard noir
Brutos Eros : Un blog gay hardcore, qui parle du fundoshi
Alien's Café : Le site artistique-alternatif Martin Edenik et Monica Swuine
Yujiro Tube : Une communauté d'amoureux du Japon

AU JAPON
Gengoroh Tagame : Le dessinateur gay le plus célèbre du Japon
Ken-Ichi Murata : Le photographe d'Osaka, spécialisé dans la "Japanese princess"
Neko mimi : Je ne sais pas qui c'est (à part une héroïne de manga aux oreilles de chat) !
Asaji Ageha : Elle est passée à la TV japonaise avec le livre
Ryoko Kimura : Peintre géniale utilisant le pigment et le fixant traditionnel des estampes
Strange Kigurumi Army : Ska est une armée de clones à elle toute seule
Kariwanz : Le couple le plus latex du Japon
par Copyright : Agnès Giard publié dans : L'Imaginaire Erotique au Japon
Samedi 20 janvier 2007
Atsushi Sakai est un des artistes du livre L'Imaginaire Erotique au Japon.

Il est né le 17 septembre 1958
Photographe, danseur buto, Atsushi Sakai est fasciné par l’au-delà : « Nous vivons grâce aux morts » dit-il. Il publie pendant un an, dans la revue SM Sniper, des histoires en image inspirées des contes populaires et du folklore obscur de certaines bourgades montagnardes.
Des kappa et des tengu (animaux imaginaires) y croisent des exorcistes shinto et de jolies femmes ensorcelées qu'il faut parfois attacher dans des grottes sacrées ou des temples pour d'étranges rituels de purification… Des veuves déterrent le corps de leur mari mort pour lui faire l'amour. Des jeunes filles épousent des dieux-taureaux qui  les visitent chaque nuit à la faveur de l'obscurité… Perpétuant à travers ses récits des croyances ancestrales  et des coutumes antiques  comme le yobai (la visite nocturne), Atsushi Sakai ressuscite un univers animiste plein de fantaisie.
La première fois que je le rencontre, dans un restaurant de Tokyo, il me montre la photo de sa fille qui accouche. "Elle a accouché à quatre pattes, comme un chien, m'indique gentiment Atsushi, alors que je retourne la photo dans tous les sens, en essayant de comprendre ce que je vois. Le bébé est sorti plus facilement. C'est une position naturelle pour accoucher. Il faut écouter son corps et rester en accord avec la nature".
C'est la première fois de ma vie que je vois une photo d'accouchement, l'image d'un bébé expulsé par l'arrière, alors que je suis en train de manger. Mais les images d'Atsushi Sakai irradient d'une telle spiritualité qu'elles illuminent ce repas.
Atsushi est fasciné par ces femmes qui donnent la vie, et par des hommes qui sacrifient la leur pour sauver d'autres vies.
En 1983, il publie un recueil de photos intitulé "Soskushin butsu".  Les Sokushin Butsu sont les momies de moines qui ont arrêté progressivement de se nourrir pour atteindre un état de sainteté tel que leur corps, conservé dans la position de la prière, est devenu une relique sacrée. "Ils se sont  laissé mourir dans des périodes de famine ou d'épidémie, pour sauver la vie des  autres" explique Atsushi.  Il en existe 42 au Japon. Atsushi leur a tous rendu hommage dans son livre, sauf un, qu'il est interdit de photographier.
Fasciné par ces dépouilles desséchées, Atsushi essaye de leur ressembler : en 1995, il fait une série de performances dansées à Paris, Berlin et Tokyo, le corps couvert d’une poussière blanche qui l’assimile à la terre. Rester proche de la terre, proche des morts, c'est une façon pour lui de célébrer  la vie : "Nous vivons parce que nous marchons sur la terre, sur le corps de nos  ancêtres morts, dit-il.  Ils sont là, sous nos pieds. Leur tête se trouve sous nos pieds et nous porte. Nous sommes debouts, parce qu'ils ont accepté de mourir".
Là, sur la photo, Atsushi fait le signe du coeur. J'aurais dû joindre mes doigts, symétriquement aux siens pour compléter la forme du coeur, mais j'étais hum trop en joie ce soir-là.

Bibliographie de Atsushi Sakai : "L'univers de Kazuo Ono" et "Les bouddhas-momies au Japon". L'editeur francais Le Lézard Noir devrait bientôt éditer ses photos érotiques sous le titre Hyaku monogatari (Cent contes).


Plus d'images et d'infos sur Atsushi Sakai : ici
par Copyright : Agnès Giard publié dans : Artistes Japonais
Vendredi 12 janvier 2007
Article publié sur le site de Telerama le mercredi 10 Janvier 2007.
par Copyright : Agnès Giard publié dans : L'Imaginaire Erotique au Japon
 

Post It


Ca y est, la troisième impression (3000 ex) vient de sortir en librairie.
La seconde édition (2500 exemplaires) était épuisée depuis juillet 2007.
La première édition (5000 exemplaires) s'était envolée trois mois après la sortie du livre.

En Mai 2008, la Maison des Metallos (un grand centre culturel tout nouveau tout beau, que la mairie de Paris ouvre près d'Oberkampf) consacre une exposition majeure aux artistes du livre : on pourra découvrir leurs oeuvres originales et leurs dernières créations.

En décembre 2007,
Le LIFE (Lieu International des Formes Emergentes), centre d'art à St Nazaire,
organise une soirée sur l'érotisme japonais, avec une projection du court-métrage de Xavier Brillat
- une séance de shibari de Yukimura-san -, suivie d'une discussion avec Agnès Giard
et Christophe Wavelet (le directeur du LIFE)
illustrée d'extraits de films japonais

Cont@ct

shijin@free.fr
 
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